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simplement cela
Simplement cela… dans toute sa simplicité… accueillant ce qui est déjà là… qui ne vient pas… qui ne va pas… et qui est même éclipsé par la recherche intérieure…
Dans ce qui ressemble à un enseignement, à des retraites, à une formation ou à des rencontres, nous nous retrouvons ensemble pour célébrer et explorer cette présence sans nom que nous sommes. Au début, nous avons tendance à porter notre attention sur toutes ces pratiques que la tradition du yoga a développées, à nous concentrer sur des concepts comme non-dualité, véritable nature, conscience, auto-investigation ou investigation de l'autre.
Éventuellement, toute cette activité nous conduit à lâcher prise. Et, dans cet abandon, ce qui est révélé nous apparaît comme ayant toujours été là, avant même le commencement de la recherche intérieure, durant son intensité et après sa cessation. Donc, la tâche consiste à s'abandonner à cette tranquillité et à reconnaître simplement cela.
Porté par ce qui est si familier qu'il passe inaperçu durant la pratique du yoga du ressenti corporel, durant le pranayama, pendant le yoga nidra, et à travers nos dialogues et la vie elle-même, nous nous trouvons dissout dans le simplement cela.
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enseignements
Le Yoga de la non-dualité : Une autre perspective » Article par Joan publié dans « La Voix du centre » Vol. 16, No. 1
Le seul fait de l’énoncer, « le yoga de la non-dualité », fait surgir son opposé — « le yoga de la dualité », ce qui nous place dans une situation un peu absurde, comme s’il y avait deux yogas. Une telle division constituerait une rupture de l’unicité que le yoga représente. Néanmoins, il faut exiger de la parole qu’elle exprime l’indicible, qu’elle concrétise ce qui ne pourrait jamais être limité. Donc, faisons semblant que toute expression ne trahirait guère le tissu sans agrafe, et essayons de construire des châteaux de sable pour la haute marée qui va les effacer.
À travers l’histoire de yoga, à des époques qui remontent loin dans la brume du passé, plusieurs positions philosophiques ont été construites à partir des profondeurs des expériences des sages. Certains disaient que le monde existe, qu’il y a une réalité objective et tangible dont on peut être le Témoin. D’autres constataient que le monde est irréel, que tout ce qui apparaît n’est qu’une illusion. De plus, d’autres maintenaient que toute existence est une émanation de l’Absolu, pas du tout séparé de sa source. Ces diverses écoles de pensée portent les noms tels que le Samkhya, l’Advaita Vedanta, la non-dualité non-qualifiée, et ces écoles ont engendré d’autres appellations, sous-divisions et catégories avec leurs propres visions, ainsi à l’infini. La littérature et la philosophie du yoga depuis les derniers quelque mille ans sont tellement larges que les contradictions se répandent partout là-dedans, et, par conséquent, chaque révélation individuelle s’y trouve confirmée.
Souvent, quand nous commençons notre étude de yoga, nous apprenons un certain point de vue, ce qui agit comme fondation pour nos réflexions dans une certaine direction, et ce qui pourrait soit conditionner notre expérience intérieure, soit servir comme explication au fil de notre approfondissement. En général, le yoga enseigné en Amérique du Nord est basé sur Les Yogasutra de Patañjali, un texte plutôt dans la tradition dualiste, selon lequel il existe une distinction entre Purusha et Prakriti, entre ce qui voit est ce qui est vu. Le pinacle de cette voie surgit quand il y a isolement complet de l’un et de l’autre. Le témoin reste suprême et non-coloré par ce qu’il témoigne; ainsi l’emphase est mis sur le détachement comme valeur et comme voie.
Par contre, l’optique de la tradition non-duelle, qui contient quand même de
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Extrait d’un article de Yoga Mondo Vol. 4 No. 1 par Jean-Claude Leblond
« ….. Américaine d’origine et Canadienne d’adoption, celle-ci est bien connue des milieux francophone et anglophone de Montréal. Dans son centre, Pathless Yoga – La voie sans voie, elle donne son enseignement et dirige des retraites de yoga dans les deux langues avec un égal bonheur. Elle œuvre également beaucoup aux Etats-Unis.
À mesure qu’elle parle, je me rends compte que j’ai devant moi une personne qui sort du commun, à la fois par le ton posé de sa voix, par la maîtrise de son expression et par l’extraordinaire bagage de connaissance et d’expérience qu’elle porte en elle. Diplômée en physique de l’université McGill, Joan Ruvinsky a étudié le yoga, c’est-à-dire, a réalisé progressivement le yoga à travers plusieurs approches fort différentes les unes des autres. « Mon premier professeur fut Krysia Gallien ici à Montréal. Par la suite, j’ai travaillé avec Swami Shantananda à L’Institut de Yoga Intégral et l’approche Viniyoga avec Claude Maréchal. Et puis, aux Etats-Unis, j’ai obtenu ma certification entre autres du Integral Yoga, de l’Integrative Yoga Therapy et du Yoga Alliance en tant que E-RYT500. Dans l’ensemble, ajoute-t-elle, j’ai touché à une pléthore de méthodes et d’orientations qui m’ont apporté beaucoup de connaissances et conféré des diplômes rangés dans mon classeur. »
Tout cela était bien beau, mais elle ressentait une sorte d’insatisfaction. Quelque chose manquait. « Pour pertinentes que fussent mes formations, confie-t-elle, un courant parallèle, une vague sensation se faisait jour en moi, l’impression que toute cette connaissance du yoga ne concordait pas avec mon expérience intérieure qui elle, se situait au-delà des mots. »
À mesure qu’avance la conversation et que je prends des notes, je m’aperçois que les affirmations de Joan Ruvinsky tranchent quelque peu avec les idées généralement admises. Pour elle, comme elle le clame, «Le seul endroit où étudier le yoga, c’est en soi-même. » Elle estime que le yoga n’est pas quelque chose que l’on peut apprendre. « On peut connaître l’histoire du yoga, les textes fondateurs, les philosophies, les postures, dit-elle, mais en bout de piste, le yoga n’est pas quelque chose que l’on connait, mais quelque chose que l’on est. La connaissance acquise par l’étude du yoga ne se traduit pas dans un objet ou un ensemble de principes, mais plutôt dans la connaissance du connaisseur lui-même, c'est-à-dire, la célèbre injonction de Socrate : Connais-toi toi-même, qui est à la fois la source et l’aboutissement même de toute connaissance. »
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